Je suis née à Marseille. J'ai été placée à la DDASS avant de savoir marcher, élevée dans une famille d'accueil où l'on m'a appris à me tenir tranquille, et je suis partie à quinze ans avec ce que je portais sur moi.
Aujourd'hui j'ai une entreprise qui se déploie, quatre ouvrages publiés, une passion pour l'acrobatie moto qui fait de moi une personne qui dépasse ses limites et qui évolue constamment, et une vie que l'on ne peut pas imaginer quand on voit d'où je viens.
Je n'ai pas de récit de naissance. J'ai un dossier. Une année, 1992, une ville, Marseille, un numéro, et une décision prise par des gens que je n'ai jamais rencontrés. J'ai été placée à la DDASS bébé, puis confiée à une famille d'accueil très religieuse, où la règle passait avant l'enfant.
Dans cette maison, on ne discutait pas. On obéissait. J'y ai connu la peur ordinaire, celle qui ne fait pas de bruit et qui s'installe : les mots qui rabaissent, les gestes qui punissent, la certitude tranquille qu'on me répétait : que je ne valais pas grand-chose, et que je finirais mal.
Le plus violent, ce n'est pas ce qu'on m'a fait. C'est ce qu'on m'a fait croire. Une enfant à qui on dit « t'es folle comme ta mère », « de toutes façons t'es pas ma fille » ou encore « je te garde que pour l'argent » finit par le croire, sans jamais se demander qui a écrit cette histoire.
J'avais sept ans. Une cour de récréation, ma meilleure amie qui s'appelait Clémentine, et une phrase qui m'a échappé : non. Un mot de trois lettres que je n'avais jamais prononcé de ma vie.
Je me souviens surtout de ce qui a suivi. J'ai passé la journée à attendre la punition. Je suis rentrée le soir en connaissant déjà la scène par cœur. Et il ne s'est rien passé.
Rien n'est tombé. Le ciel est resté en place. Ce jour-là, sans avoir les mots pour le formuler, j'ai compris quelque chose que je n'ai plus jamais lâché : ce qu'on me racontait sur moi n'était pas la vérité. C'était une version. Et une version, ça se réécrit.
À quinze ans, je suis partie. Sans plan, sans filet, sans personne derrière moi pour rattraper ma chute. Ce qui vient après, ce n'est pas une histoire héroïque : c'est une histoire de survie, puis de débrouille, puis de reconstruction, dans cet ordre, et de détresse.
J'ai travaillé. J'ai appris à me loger, à me nourrir, à me défendre, à ne compter que sur moi. J'ai appris aussi ce que personne ne t'apprend quand tu pars de zéro : que l'autonomie ne se décrète pas, elle se fabrique, décision après décision.
C'est là que ma définition de la liberté s'est formée. Pour moi, la liberté n'a jamais été un concept ni une esthétique de vie à exposer sur Instagram. C'est très concret : ne dépendre de personne qui puisse décider à ma place.
Vers 2010, j'ai commencé à écrire pour moi, comme on met de l'ordre dans une pièce où l'on n'ose plus entrer. Et il s'est produit une chose que je n'avais pas anticipée : en posant mon histoire sur le papier, j'ai cessé d'être dedans. Je suis passée de l'autre côté. De personnage, je suis devenue autrice.
C'est là que tout a basculé. Écrire, ce n'est pas raconter. C'est trancher. C'est décider de ce qui compte, nommer ce qu'on a traversé, et choisir la direction qu'on donne à la suite. On croit qu'on écrit un livre : en réalité, on se donne une trajectoire.
Il m'a fallu huit ans pour aller jusqu'au bout. En 2018, La Vie est Tellement Belle… est sorti, mon premier livre. Trois autres ouvrages ont suivi, dont De la Douceur et L'amour est tout… Ce n'était pas de la thérapie. C'était une prise de pouvoir : la première de ma vie que j'aie décidée seule.
En 2021, j'ai créé Adara & Co. Pas par vocation d'entrepreneuse, pas pour la posture : parce que c'était le seul système que je voyais capable de me rendre souveraine. Créer une entreprise, quand on vient d'où je viens, ce n'est pas un projet professionnel. C'est une sortie de secours qu'on construit soi-même.
J'y ai découvert ce qui me tient depuis : concevoir. Des offres, des univers, des écosystèmes, des méthodes. Je passe mes journées à imaginer des choses qui n'existaient pas la veille et à les rendre réelles. C'est mon terrain de jeu et c'est aussi, très précisément, ce qui m'a manqué enfant : le droit d'inventer ma vie plutôt que de la subir.
Aujourd'hui Adara & Co porte l'Univers Adastra : l'accompagnement des coachs, formateurs et dirigeants qui veulent écrire le livre qui va poser leur autorité. Et j'accompagne aussi des entreprises dans leur pilotage opérationnel, parce que la stratégie et la structure font partie du même métier : rendre les gens libres de décider.
Je vis dans le Var, entre la mer et les collines, avec mes chiens et mon bureau, qui est sans doute l'endroit que j'aime le plus au monde. J'écris. Je conçois. J'accompagne des gens dont l'histoire mérite d'exister ailleurs que dans leur tête.
Et je fais de la moto. Du stunt, précisément. Ceux qui me découvrent par mes livres ne comprennent pas toujours, mais pour moi les deux disent la même chose : il y a la douceur, et il y a l'audace, et je refuse depuis longtemps qu'on me demande de choisir. On m'a assez expliqué qui je devais être.
Voilà le vrai résultat. Pas le chiffre d'affaires, pas les livres sur l'étagère : une vie que j'ai écrite moi-même, ligne par ligne, contre le scénario qu'on avait prévu pour moi.
Ta méthode, ton offre, ton discours : tout peut être repris. Ton parcours, non. C'est la seule chose sur laquelle personne ne peut te concurrencer.
Un message flou vient toujours d'une pensée floue. Le livre est la machine à clarté : il oblige à décider ce que l'on pense vraiment, et pour qui.
Elle ne s'attend pas, elle se construit avec une structure, des offres qui tiennent, des revenus qui ne dépendent de personne.
J'ai commencé avec un dossier administratif à la place d'une famille. Le point de départ ne détermine pas la trajectoire. La décision, si.
Si tu es coach, formateur ou dirigeant, tu as probablement un vrai savoir-faire, et le sentiment désagréable de ressembler à tous les autres. Ce n'est pas un problème de visibilité. C'est un problème de différenciation : ton message dit ce que disent les autres, parce qu'il n'a jamais été tranché.
C'est exactement ce que je fais avec toi. On part de ton histoire, de ce que tu as compris que personne d'autre n'a compris pareil, et on en fait un livre, puis une autorité, puis une visibilité.
Un rendez-vous de 15 minutes. Tu repars avec l'angle de ton livre et la direction à prendre, que l'on travaille ensemble ou non.